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Mesure SEO Suisse romande

La position 1 n'existe pas. 333 requêtes suisses, deux écrans, deux classements

Carlos Silva 9 septembre 2026 11 min

Le 2 septembre 2026, l'agence canadienne Sterling Sky a publié une analyse de 8,16 millions de captures de résultats Google fournies par Yext. Sa conclusion tient en une phrase : la position 1 n'existe pas. Nous n'avons ni leurs moyens ni leur instrument, et nous n'allons pas prétendre le contraire. Ce qu'on peut faire, c'est montrer à quoi ça ressemble sur des sites suisses, avec les données auxquelles un patron a réellement accès, et y ajouter une mesure que l'étude ne fait pas.

En bref

  • ✓ Sur un corpus de 13 521 requêtes suisses, 333 avaient assez de volume pour être comparées sur les deux écrans. 70 % d'entre elles n'ont pas la même position selon l'appareil, avec un écart médian de 2,5 places et jusqu'à 36,8 places sur un cas.
  • ✓ 68 requêtes sont en position 3,5 ou mieux avec zéro clic sur trois mois, après avoir écarté 32 requêtes qui n'étaient pas des humains. Être devant ne veut pas dire être vu, et on a mesuré pourquoi en pixels.
  • ✓ Deux leçons de méthode apprises à nos dépens : le site le plus instable du relevé était le nôtre, et un tiers de nos requêtes sans clic n'étaient pas des visiteurs.

Ce que dit l'étude américaine, et ce qu'elle ne dit pas

Google a annoncé son core update le 21 mai 2026, déploiement terminé le 2 juin. Sterling Sky a croisé cette date avec les données de Yext, une société américaine qui photographie en continu les résultats de recherche depuis des positions géographiques précises. Sur 8,16 millions de captures, la volatilité des résultats organiques sur mobile augmente de 48,7 % à partir de la semaine du 18 mai, et 97 % des rapports examinés deviennent plus instables.

Le détail qui rend l'étude intéressante : ces mesures sont prises sur des utilisateurs déconnectés, sans historique de navigation. Le sujet n'est donc pas la personnalisation, qu'on documente depuis dix ans. Deux inconnus, aucun historique, la même recherche, et pas les mêmes résultats.

Trois choses que l'étude ne dit pas

Elle ne précise pas dans quels pays les captures ont été prises. Yext est américaine, Sterling Sky est canadienne. Le chiffre de 48,7 % ne peut donc pas être présenté comme celui de la Suisse romande.

Elle ne dit pas si la volatilité s'est calmée depuis juin, et elle ne donne aucun chiffre de trafic gagné ou perdu.

Volatile ne veut pas dire cassé. Ça veut dire qu'une mesure a perdu son sens, pas que le trafic s'effondre.

Ce qu'on peut prouver avec nos données, et ce qu'on ne peut pas

Autant l'écrire avant les chiffres plutôt que de le laisser en commentaire. Nous avons utilisé les données Search Console de sites suisses romands que nous suivons, dans des métiers sans rapport les uns avec les autres, de l'artisanat au service aux entreprises, plus notre propre site. Les sites clients sont anonymisés, seul le nôtre est nommé quand un exemple le mérite.

Ces sites ne forment pas un échantillon représentatif de la Suisse romande, et notre corpus ne pèse rien face aux 8,16 millions de captures de Yext. Nous ne sommes donc pas en train de corriger cette étude, nous la prenons au mot et nous regardons ce que ça donne ici. Cette limite n'empêche pas tout, mais elle décide de ce qu'on a le droit d'affirmer.

Ce qu'un petit échantillon prouve très bien

Qu'une chose existe, et à quelle fréquence on la rencontre. Pour montrer qu'une position n'est pas un nombre unique, un seul contre-exemple suffirait. Nous en avons 333.

Personne ne peut réfuter ça en disant que notre panel est petit : nous ne mesurons pas une moyenne suisse, nous montrons des cas réels, vérifiables, sur des sites qui existent.

Ce qu'il ne prouve pas

Une moyenne nationale, ni une correction de l'étude. Écrire « en Suisse romande, c'est plutôt tant » demanderait un tirage au sort de sites, pas notre portefeuille, et un instrument comparable au leur.

C'est pourquoi vous ne trouverez aucun pourcentage suisse annoncé comme une vérité nationale ici, et aucune phrase qui prétend contredire les 8,16 millions de captures de Yext avec nos quelques centaines de requêtes.

Preuve 1 : la même requête, deux écrans, deux positions

Sur la période du 8 juin au 4 septembre 2026, ces sites ont été affichés sur 13 521 requêtes distinctes, pour 320 401 impressions. Nous avons comparé, pour chacune, la position moyenne obtenue sur téléphone et celle obtenue sur ordinateur. La plupart des requêtes sont trop rares sur l'un des deux appareils pour qu'une moyenne veuille dire quelque chose : en exigeant au moins 30 impressions sur chacun, il en reste 333 réellement comparables. Si la position était un nombre unique et objectif, les deux mesures devraient coïncider. Ce n'est presque jamais le cas.

Écart entre les deux écrans Requêtes concernées
Au moins 1 place70 % (232 sur 333)
Au moins 3 places42 % (141 sur 333)
Au moins 5 places30 % (99 sur 333)
Au moins 10 places16 % (53 sur 333)

Ce résultat ne dépend pas du seuil qu'on se fixe, et c'est la première chose qu'on a vérifiée. En abaissant l'exigence à 10 impressions par appareil, le corpus comparable monte à 831 requêtes et la proportion passe à 74 %. À 20 impressions, 479 requêtes et 71 %. À 30, les 333 requêtes et 70 % du tableau ci-dessus. À 50, il reste 219 requêtes et la proportion remonte à 72 %. Le seuil déplace le chiffre de deux ou trois points, jamais la conclusion.

L'écart médian est de 2,5 places. Les cas extrêmes sont spectaculaires : chez une entreprise locale, une requête qui décrit exactement son métier sort en position 2,6 sur mobile et 39,3 sur ordinateur, soit près de 37 places d'écart. Autrement dit, premier écran d'un côté, quatrième page de l'autre, le même jour et pour la même recherche. Sur notre propre site, l'écart atteint 28 places sur une des requêtes suivies.

L'objection honnête

Un écart entre les deux écrans peut venir d'un classement réellement différent, mais aussi du fait que les gens qui cherchent depuis un téléphone ne sont ni au même endroit ni au même moment que ceux qui cherchent depuis un bureau. Nous ne pouvons pas trancher entre les deux avec ces données. Mais les deux explications mènent à la même conclusion pratique : il n'y a pas une position, il y a des positions.

Preuve 2 : trois premiers, zéro clic

Deuxième relevé, plus brutal. Nous avons cherché toutes les requêtes classées en position moyenne 3,5 ou mieux, avec au moins 25 impressions, et qui n'ont produit aucun clic en trois mois. Il y en a 100. Et c'est là qu'il a fallu se méfier une deuxième fois.

Un tiers de ces requêtes n'étaient pas des gens

Une requête affichée tous les jours, presque uniquement sur ordinateur, et qui ne produit jamais un seul clic, ce n'est pas un internaute déçu. C'est un logiciel de suivi de positions qui interroge Google pour le compte de quelqu'un, tous les jours à la même heure. Il crée une impression, il ne clique jamais, et il ne deviendra jamais client.

En écartant les requêtes servies à plus de 95 % sur un seul appareil et présentes au moins quatre jours sur cinq, il en reste 68 sur 100. Les 32 autres étaient des robots, dont les deux plus grosses de notre propre site.

C'est une correction inconfortable, parce que ces deux requêtes étaient nos meilleurs exemples. Les publier sans ce tri aurait produit un chiffre plus impressionnant et faux d'un tiers.

Le relevé par appareil de la première partie, lui, est protégé de ce biais par construction : il exige au moins 30 impressions sur le téléphone et sur l'ordinateur, alors qu'un robot n'interroge qu'un seul des deux. Nous l'avons vérifié plutôt que de le supposer, et sur les 333 requêtes comparables, aucune ne porte cette signature.

Restent donc 68 requêtes où de vraies personnes ont vu un de ces sites dans les trois premiers résultats, et où personne n'a cliqué. Sur webie.ch, « referencement google suisse » est en position 3,2 avec 162 impressions et pas un clic.

On est allés voir pourquoi, en pixels

Plutôt que de spéculer, nous avons ouvert la page de résultats réelle et mesuré à quelle hauteur apparaissait notre lien. Sur « referencement google suisse », nous sommes le deuxième lien bleu, et ce lien commence à 2 090 pixels du haut de la page. Au-dessus : un aperçu généré par l'IA et quatre annonces. Le tout premier résultat organique, celui de notre concurrent, est déjà à 1 485 pixels.

Sur « référencement naturel ou payant suisse », où nous sommes en position 2,7 sans le moindre clic non plus, notre lien est à 1 060 pixels.

Un écran de téléphone fait environ 900 pixels de haut. Être deuxième organique veut donc dire, ici, être à deux écrans de défilement du sommet, derrière une réponse que Google a déjà rédigée lui-même.

C'est le point le plus important de cet article pour un patron de PME. Le rapport mensuel qui affiche « position 2 » n'est pas faux. Il décrit un classement dans une liste que presque personne ne fait défiler jusqu'en bas.

Le piège dans lequel on est tombés, et comment on en est sortis

Nous voulions aussi regarder la partie la plus spectaculaire de l'étude, celle sur l'instabilité des résultats depuis mai. Nous avons donc calculé, pour chaque requête, de combien de places la position bouge en moyenne d'un jour au lendemain, avant et après la semaine du 18 mai.

Sur notre propre site, le résultat était énorme. Sur « optimisation seo locale à yverdon », la variation quotidienne passe de 0,93 place à 7,85, une multiplication par plus de huit. Nous avions notre graphique et notre titre : le core update a tout déstabilisé.

Sauf que c'était nous

Avant de publier, nous avons ouvert notre propre journal de bord sur la période. Le 14 août, nous avions remis en ligne une page que nous avions redirigée en juin, pour tester une hypothèse d'architecture. La bascule entre les deux adresses est notre travail. Cette instabilité que nous étions à deux doigts d'attribuer à Google, c'est notre calendrier de déploiement.

En regardant ensuite les sites auxquels nous n'avions pas touché pendant la période, l'effet n'apparaît pas. Nous n'en tirons aucune conclusion sur le chiffre de l'étude : notre instrument n'est pas le leur, Search Console rend une position déjà moyennée sur la journée, ce qui lisse précisément la variation qu'on cherche à voir. Avec cet outil-là, sur ce nombre de sites, nous ne pouvons rien affirmer sur la volatilité, ni dans un sens ni dans l'autre.

La leçon, et elle vous concerne directement

Si nous n'avions regardé que notre propre site, nous aurions publié une analyse fausse avec un joli graphique à l'appui. C'est exactement l'erreur que produit un rapport de positions lu sans savoir ce qui a été fait sur le site pendant la période. Avant de croire qu'un mouvement vient de Google, demandez ce qui a été modifié chez vous ce mois-là. La réponse est souvent dans le devis que vous avez signé.

Ce que ça change si vous payez un rapport de positions

Beaucoup de PME romandes reçoivent chaque mois un document avec une colonne « position » et des chiffres qui montent et descendent. Ce document n'est pas une arnaque, mais il décrit un écran, à un moment donné, dans un lieu donné. Il ne dit pas si le téléphone a sonné.

Joy Hawkins, l'autrice de l'étude, recommande deux remplacements : le suivi des appels, et le marquage des clics venant de la fiche Google pour les reconnaître dans les statistiques. Nos deux mesures solides vont dans le même sens, avec une nuance de notre part. Le rapport de positions n'est pas devenu faux en mai 2026. Il n'a jamais mesuré ce que le patron croyait qu'il mesurait. Il était simplement assez stable pour qu'on puisse faire semblant.

Ce qui ne prouve rien tout seul

  • Une position moyenne isolée, sans le nombre d'impressions
  • Une capture d'écran de résultats prise depuis le bureau du prestataire
  • Un « nous sommes premiers » sans préciser sur quelle requête et depuis où

Ce qui se vérifie

  • Le nombre d'appels reçus depuis la fiche Google, mois par mois
  • Le nombre de formulaires envoyés depuis le site
  • Les clics réels dans Search Console, pas seulement les impressions

Le test que vous pouvez faire en trois minutes

Vous n'avez pas besoin de nous croire, et c'est mieux ainsi. Ce relevé se fait chez vous, avec un téléphone et un ordinateur.

01

Le test des deux écrans

Sur l'ordinateur, ouvrez une fenêtre de navigation privée, allez sur google.ch et tapez votre métier suivi de votre commune. Ignorez la carte, descendez jusqu'aux liens en dessous, et notez les trois premiers noms dans l'ordre. Prenez ensuite votre téléphone, coupez le wifi, passez en données mobiles, tapez exactement la même chose et notez les trois premiers.

02

Le chiffre qui remplace la position

Connectez-vous à Google avec le compte de votre entreprise, tapez le nom de votre société, ouvrez votre panneau de gestion et cliquez sur « Performances ». Réglez la période sur les trois derniers mois et notez deux lignes : les appels, et les clics vers le site.

03

La comparaison

Ouvrez le dernier rapport que votre prestataire vous a envoyé et cherchez le mot « appels » dedans. Si vos deux listes ne sont pas dans le même ordre, vous venez de vérifier chez vous, sur votre métier et votre commune, que la position écrite dans ce rapport décrit un écran. Si elles sont identiques, refaites le test demain à la même heure : la variation d'un jour à l'autre compte autant que celle d'un appareil à l'autre.

Vous voulez savoir ce que Google vous envoie vraiment ?

On regarde vos appels, vos formulaires et vos clics réels, puis on vous dit ce qui vaut la peine d'être travaillé. Devis fixe, sans engagement.

Questions fréquentes

La position moyenne de Search Console est-elle fausse ?

Elle n'est pas fausse, elle ne mesure pas ce qu'on croit. C'est une moyenne du rang auquel votre page est apparue, sur toutes les recherches de la période, tous appareils et tous lieux confondus. Une position moyenne de 3 peut vouloir dire « toujours 3e », ou « 1er la moitié du temps et 5e l'autre moitié ». Les deux situations ne se pilotent pas de la même façon.

Pourquoi mon concurrent dit-il qu'il est premier alors que je ne le vois pas ?

Parce qu'il regarde son propre écran. Sur les 333 requêtes que nous avons pu comparer sur les deux appareils, 70 % affichent une position différente selon qu'on cherche depuis un téléphone ou depuis un ordinateur, avec un écart médian de 2,5 places. Il ne ment pas forcément, il décrit un résultat qui n'est pas le vôtre.

Être dans les trois premiers garantit-il des clics ?

Non. Sur ces mêmes sites, 68 requêtes se classent en position moyenne 3,5 ou mieux avec zéro clic sur trois mois, une fois écartées 32 requêtes qui n'étaient que des robots de suivi de positions. Sur webie.ch, « referencement google suisse » est en position 3,2 avec 162 impressions et aucun clic : le jour du relevé, notre lien se trouvait à 2 090 pixels du haut de la page, sous un aperçu généré par l'IA et quatre annonces.

Votre échantillon est-il représentatif de la Suisse romande ?

Non, et nous ne le prétendons pas. Ce sont des sites que nous suivons, choisis parce que nous avons accès à leurs données, pas tirés au sort. Cet échantillon suffit à démontrer qu'un cas existe et qu'il est fréquent chez nous. Il ne suffit pas à établir une moyenne suisse, et c'est pour cette raison que nous ne publions aucun pourcentage national dans cet article.

Faut-il arrêter de suivre ses positions ?

Il faut arrêter d'en faire le seul indicateur, et surtout d'en faire le livrable qu'on paie chaque mois. Une position se lit comme un thermomètre, pas comme un résultat. Les deux chiffres qui décident vraiment sont le nombre d'appels reçus et le nombre de demandes envoyées depuis le site.

Méthode et sources

Joy Hawkins, The Dynamic SERP Update: How the May 2026 Core Update Changed SEO, Sterling Sky, 2 septembre 2026, sur données Yext.

Nos relevés proviennent des propriétés Google Search Console de sites suisses romands que nous suivons, recalculés le 9 septembre 2026 sur données consolidées. Corpus de la période : 13 521 requêtes distinctes, 320 401 impressions, du 8 juin au 4 septembre 2026. Comparaison par appareil : requêtes retenues à partir de 30 impressions sur chacun des deux appareils. Requêtes sans clic : position moyenne 3,5 ou mieux, au moins 25 impressions, et exclusion des requêtes servies à plus de 95 % sur un seul appareil pendant au moins 80 % des jours d'une fenêtre glissante de 28 jours, qui sont des outils de suivi de positions et non des visiteurs. Hauteurs en pixels relevées dans un navigateur réel sur google.ch, depuis la Suisse. Volatilité calculée comme la variation absolue moyenne de position d'un jour au suivant, de part et d'autre du 18 mai 2026. Si vous voulez le détail de la méthode pour la reproduire chez vous, écrivez-nous.

Carlos Silva

Carlos Silva

Fondateur de Webie

Ancien admin systèmes et infrastructure, reconverti dans le marketing digital et l'IA. J'aide les PME suisses à automatiser leurs processus et à grossir avec des outils concrets.