Les Core Web Vitals sont les trois mesures que Google relève chez les vrais visiteurs d'un site : le contenu principal doit s'afficher en 2,5 secondes au plus, la page doit réagir à un clic en moins de 200 millisecondes, et rien ne doit bouger au-delà d'un score de 0,1 (Google Search Central, page mise à jour en décembre 2025). Le 20 octobre 2026, nous avons passé la page d'accueil de 89 fiduciaires romandes au test de Google, en mode téléphone. Seules 13 % affichent leur contenu principal en 2,5 secondes ou moins.
Réponse rapide
Sur les sites de PME que nous avons testés, le point faible est presque toujours le même : le chargement de la première image (LCP). La stabilité et la réactivité passent dans la grande majorité des cas. Commencez donc par la photo du haut de page : la bonne taille, au format WebP, chargée en priorité. Mesurez avec PageSpeed Insights en mode téléphone, trois fois, et notez la date.
Que mesurent LCP, INP et CLS ?
Trois questions qu'un visiteur se pose sans le savoir.
Derrière les sigles, il y a trois impressions très simples. Est-ce que la page arrive vite ? Est-ce qu'elle répond quand je touche quelque chose ? Est-ce qu'elle reste en place pendant que je lis ? Google a mis un chiffre sur chacune.
| Mesure | Ce qu'elle dit | Bon | Mauvais |
|---|---|---|---|
| LCP | Le temps d'affichage du plus gros élément visible, souvent la photo du haut | 2,5 s ou moins | plus de 4 s |
| INP | Le temps que met la page à réagir quand on touche un bouton ou un menu | 200 ms ou moins | plus de 500 ms |
| CLS | Ce qui bouge pendant le chargement, le bouton qui saute au moment où on appuie | 0,1 ou moins | plus de 0,25 |
Google ne juge pas le site sur votre visite, depuis le bureau et la fibre. Il prend les visites réelles enregistrées par Chrome et regarde le 75e centile, c'est-à-dire qu'au moins trois visites sur quatre doivent passer le seuil, sur téléphone et sur ordinateur séparément. Le client qui ouvre votre site dans le train entre Yverdon et Lausanne compte autant que vous.
L'INP a remplacé l'ancienne mesure FID en mars 2024. Beaucoup de guides parlent encore de FID : s'il apparaît dans un rapport qu'on vous remet, le rapport date.
Où en sont les sites de PME romandes ?
Notre test du 20 octobre 2026, page d'accueil de chaque site.
Les guides en français expliquent les seuils, puis montrent la page de l'éditeur qui les publie. Nous avons voulu voir de vrais sites suisses. Nous avons tiré au hasard 120 fiduciaires des six cantons romands dans notre annuaire, bâti sur le registre du commerce et les fiches Google, et passé leur page d'accueil dans Lighthouse, le moteur de test de PageSpeed Insights, réglé comme Google le règle pour un téléphone. Deux passages par site, le meilleur est retenu. 89 sites ont pu être mesurés.
| Constat | Part | Sites |
|---|---|---|
| Contenu principal affiché en 2,5 s ou moins (LCP) | 13 % | 12 sur 89 |
| Contenu principal affiché en plus de 4 s | 67 % | 60 sur 89 |
| Page stable pendant le chargement (CLS 0,1 ou moins) | 85 % | 76 sur 89 |
| Page qui ne bloque pas le téléphone (TBT 200 ms ou moins) | 96 % | 85 sur 89 |
| Les trois au vert en même temps | 11 % | 10 sur 89 |
| Note de vitesse Google de 90 ou plus | 18 % | 16 sur 89 |
| Page d'accueil de plus de 3 Mo | 19 % | 17 sur 89 |
La stabilité (85 % au vert) et la réactivité (96 %) ne posent presque jamais problème sur un site vitrine. Le chargement, si : dans ce test, la moitié des pages met plus de 5,7 secondes à montrer son contenu principal. Sur près d'un site sur deux, ce contenu principal est une image, et les images pèsent à elles seules 44 % du poids d'une page d'accueil typique.
38 des 89 sites tournent sous WordPress. Ils obtiennent une note médiane de 65 sur 100, contre 76 pour les autres, et seuls 2 sur 38 affichent leur contenu en 2,5 secondes. Je ne mets pas ça sur le dos de WordPress lui-même : nous construisons aussi des sites WordPress rapides. Ce que montrent les chiffres, ce sont des pages plus lourdes (1,9 Mo en médiane, contre 1,3 Mo pour les autres sites) et, sur 15 sites du test, une seule image qui pèse plus de 1 Mo, alors qu'une photo bien préparée pour le web tient en quelques centaines de Ko. La comparaison complète est dans WordPress ou site sur mesure.
Les limites de ce test
C'est une mesure de laboratoire, pas les données de vrais visiteurs que Google utilise pour son classement. Lighthouse simule un téléphone de milieu de gamme sur une connexion mobile lente, ce qui donne des temps plus sévères que ceux d'un smartphone récent en 5G. L'INP ne se mesure pas en laboratoire : nous avons relevé le TBT, que Google présente comme son substitut. Une seule page par site, une seule machine, et un seul métier : quelques fiches de l'annuaire pointent vers le site d'une autre activité, nous les avons gardées telles quelles. Les 31 sites non mesurés (page qui ne s'affiche pas pendant le test, certificat refusé, erreur du serveur) ont été écartés, pas comptés comme lents. Dans les mêmes conditions, le site de webie.ch affiche son contenu en 1,7 seconde : le seuil est atteignable.
Les Core Web Vitals font-ils monter dans Google ?
Un peu. Ce que Google écrit lui-même.
Google dit que de bons Core Web Vitals sont « en adéquation avec ce que nos principaux systèmes de classement cherchent à récompenser ». Il écrit aussi, dans sa page sur l'expérience de page, qu'il cherche à « afficher le contenu le plus pertinent, même si l'expérience sur la page est décevante », qu'un bon score « ne garantit pas » une place en haut, et qu'essayer d'obtenir un score parfait uniquement pour le SEO « n'est pas forcément pertinent ».
Mon avis : la vitesse ne fera pas passer votre fiduciaire de la page 3 à la première place. Elle compte ailleurs, au moment où quelqu'un a déjà cliqué. Le site de Prospera Consulting, un courtier hypothécaire près d'Yverdon, mettait quinze secondes à s'afficher sur un téléphone. Personne n'attend quinze secondes pour comparer des taux un soir sur son canapé. Le site refait obtient 97 sur 100 sur téléphone, contre 45 avant (l'étude de cas Prospera).
Méfiez-vous donc de deux discours opposés : celui qui vend la vitesse comme une recette pour grimper dans Google, et celui qui dit que ça ne compte pas. Le premier promet trop, le second oublie le client qui repart.
Comment savoir si votre site passe le test ?
Cinq minutes, deux outils gratuits de Google.
Ouvrez PageSpeed Insights (pagespeed.web.dev), collez l'adresse de votre page d'accueil et restez sur l'onglet téléphone. La page de résultats a deux parties. En haut, les données de vos vrais visiteurs sur les 28 derniers jours : c'est ce que Google utilise. En bas, la note sur 100 et le test de laboratoire : c'est un diagnostic, pas un verdict.
Beaucoup de sites de PME n'ont pas de bloc du haut : Chrome n'a pas enregistré assez de visites pour publier un chiffre. Le site n'a rien de cassé, il est juste trop peu visité pour ça. Dans ce cas, le test du bas est tout ce que vous avez. Trois réflexes pour qu'il serve à quelque chose :
- Lancez-le trois fois et gardez la valeur du milieu. Le premier passage tombe souvent sur un serveur qui n'a pas encore la page en mémoire. Sur notre propre site, le même jour, la note est passée de 77 au premier passage à 99 au deuxième.
- Testez les trois pages où vos clients arrivent vraiment : l'accueil, votre page de service principale, la page contact. Search Console vous dit lesquelles.
- Notez la date et faites une capture. Le jour où quelqu'un vous promet d'accélérer le site, vous aurez le point de départ.
Si votre site a assez de visites, Search Console affiche aussi un rapport « Signaux Web essentiels » qui classe vos adresses en bonnes, à améliorer ou mauvaises. Il regroupe les pages qui se ressemblent : une correction sur le modèle de page règle souvent tout un groupe d'un coup. Ce contrôle fait partie de la check-list d'audit SEO d'un site.
Par quoi commencer quand le site est trop lent à s'afficher ?
Dans l'ordre où ça rapporte, d'après notre test.
1. La photo du haut de page. Dans notre test, 28 % des sites cumulent un affichage de plus de 4 secondes et plus de 1 Mo d'images sur la seule page d'accueil. Retaillez l'image à la largeur où elle s'affiche, passez-la en WebP, et vérifiez qu'elle n'est pas en chargement différé : l'image du haut doit partir en premier, pas attendre son tour. C'est souvent quelques heures de travail.
2. Ce qui bouge. Quand le CLS est rouge, c'est presque toujours une image sans dimensions déclarées, une police qui change de taille en arrivant, ou une bannière de cookies qui pousse la page au lieu de se poser par-dessus. Réserver la place de chaque élément suffit en général.
3. Le reste, seulement après. La réactivité était bonne sur 96 % des sites testés. Si on vous facture d'abord un chantier sur le JavaScript d'un site vitrine, demandez pourquoi. Les exceptions existent : un module de chat, une carte ou une vidéo intégrée peuvent alourdir une page à eux seuls.
Quand rien de tout ça ne suffit, c'est la construction du site qui est en cause, et une refonte coûte souvent moins cher que de rafistoler. Chez Stoudmann Charpente, la page s'affiche maintenant en 1,8 seconde sur un téléphone au lieu de 7,2, et la note de Google est passée de 38 à 74 (l'étude de cas). Le site de DST Décap est passé de 47 à 92 sur téléphone.
Si vous en êtes là, nous mesurons votre site actuel avant de commencer et refaisons la mesure à la livraison : c'est ainsi que nous travaillons pour la création de site internet. Pour le budget, voyez combien coûte un site web en Suisse. Et si votre site est déjà rapide mais que Google le lit mal, le problème est ailleurs : dans les titres et les descriptions, que nous avons relevés sur les mêmes fiduciaires dans notre check-list SEO on-page.
Questions fréquentes sur les Core Web Vitals
Qu'est-ce que les Core Web Vitals ?
Quels sont les bons seuils pour LCP, INP et CLS ?
Les Core Web Vitals font-ils monter un site dans Google ?
Pourquoi PageSpeed Insights n'affiche pas de données pour mon site ?
Combien coûte l'optimisation de la vitesse d'un site ?
Savoir ce qui ralentit votre site
On mesure vos pages principales sur téléphone et on vous dit ce qui coûte du temps, dans l'ordre où ça vaut la peine de le corriger.
Sources
- Google Search Central, Core Web Vitals et résultats de recherche (mise à jour du 18 décembre 2025) : seuils et rôle dans le classement
- Google Search Central, expérience sur la page (mise à jour du 25 septembre 2026) : pertinence avant expérience, score parfait
- web.dev, définition des seuils (mise à jour du 7 mai 2025) : seuils bon et mauvais, 75e centile
- web.dev, Signaux Web essentiels : INP non mesurable en laboratoire, TBT comme substitut
- Test Webie du 20 octobre 2026 : Lighthouse 12.8, profil téléphone par défaut, page d'accueil de 120 fiduciaires de VD, GE, VS, FR, NE et JU tirées au hasard, 89 mesurées, meilleur de deux passages
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